Fuga V in D

BWV 850

Cette fugue à 4 voix est la seule du recueil à faire directement référence au style français. Le trait initial et les rythmes pointés qui le suivent sont caractéristique de ce style. J.S. Bach a côtoyé de très près ce style alors qu'il était étudiant à Lunebourg dans les années 1700-1702. En effet il y a recopié notamment l'intégralité du Livre d'Orgue de Nicolas de Grigny. J'aime à dire que la plus belle ouverture à la française c'est celle de la suite en si mineur BWV 831... Il convient donc d'adopter le rythme inégal caractéristique de ce style français... La preuve par neuf, si je puis m'exprimer ainsi, c'est le rythme fautif croche pointée, trois triple sans le triolet mes. 3 par exemple, (qui n'était pas encore inventé).

Cette fugue, après l'exposition des trois voix, laisse alterner des passages rigoureux et des épisodes de divertissement, jusqu'à l'utilisation de strettes en feu d'artifice sur la tête du Sujet. Il s'agit d'une des plus brillantes fugues du recueil.

L'analyse nous conforte sur l'idée qu'à la mesure 13 il s'agit bien d'un Sujet en Ré Majeur à la main gauche, traité en canon à l'octave avec son "comes" main droite... et non si mineur comme imprimé.