Fuga XIX in A

BWV 864

Cette fugue en la majeur est assez atypique. Bach prend beaucoup de libertés avec les canons de la fugue. En premier lieu il s'agit à nouveau d'une fugue-strette (Réponse anticipée).

Le Sujet se caractérise par des sauts de quarte ascendants, puis après un saut de quinte, se porte vers la dominante. La Réponse, afin de pouvoir entrer dès la 2° mesure, subit une mutation de tête (voir la "vraie" Réponse), puis afin d'éviter un conduit (arrivée sur l'unisson), une mutation exceptionnelle de queue. Néanmoins tout ceci se justifie par l'élan jubilatoire du résultat. Une exposition classique aurait été lassante compte tenu du caractère répétitif des intervalles de quarte du Sujet.

Ensuite, le premier Contre-sujet n'est pas "complémentaire" avec le Sujet puisqu'il utilise exactement les mêmes intervalles que celui-ci. De plus il n'est pas rigoureux et la première fois qu'il apparaît, il est incomplet ! Le second, plus contrasté, utilise des doubles-croches, ce qui, cette fois, est au contraire bien remarquable et donne un nouvel élan à la fugue, mais il ne l'utilise pas longtemps. Il sera transformé dès le passage rigoureux suivant.

Sinon le plan est plus habituel : Après l'exposition des trois voix puis la 4° entrée supplémentaire, Bach nous propose une alternance entre présentations de son Sujet et Episodes de divertissement. Ces derniers vont devenir de plus en plus volubiles et s'inspirent à chaque fois des éléments entendus en les transformant. Il n'y a pas véritablement de strette ; mesure 31 il y a bien deux entrées resserrées, mais elles ne sont pas rigoureuses. L'illusion de strette est donnée par la superposition du Sujet et de la Réponse dès l'exposition, puis par le C.S. 1 qui concours, en fait, au même résultat. Notons que Bach Bach nous propose mes. 23 une contre-exposition (S / R / R) lors de la présentation de son deuxième C.S. . C'est une très belle leçon d'invention, ou, comment éviter la monotonie d'un Sujet...