Fuga XXIII in H

BWV 868

Il est toujours dangereux de faire passer les œuvres de J.S. Bach au prisme des règles que le XIXe siècle a édictées en observant son œuvre. Je ne voudrais pas m'identifier au célèbre "Le maître s'égare" écrit par un célèbre commentateur en présence du quintes consécutives... Néanmoins, Jean-Sébastien Bach s'affranchit nettement des habitudes qu'il a contribué à forger : la réponse tout d'abord aurait fort bien pu (dû) être réelle. Au lieu de cela il considère que les quatre notes qui suivent la tonique initiale appartiennent au ton de la dominante et doivent donc répondre au ton de la tonique ; puis le reste revient tranquillement au ton de la dominante soit fa# majeur ... Ce n'est pas ce que nous enseignons aujourd'hui. D'ailleurs il nous propose cette réponse réelle à la mesure 16. Du coup je préfère la nommer Sujet en fa # majeur 🙂

Bref vous verrez avec le coloriage combien il s'amuse à se divertir dans les passages rigoureux qui devraient habituellement être en contrepoint triple comme exposé par deux fois mes. 5 & 7. En fait il inverse le processus de divertissement : ce sont les Episodes qui sont écrits en contrepoint triple avec du nouveau matériel, issu en fait des précédents ! C'est très désopilant pour quiconque s'est intéressé de près à l'écriture de la fugue. Tout y passe, mais dans un désordre apparent et le résultat reste d'une musicalité fulgurante d'efficacité. C'est peut-être la raison de cette réponse inhabituelle : elle nous prépare au divertissement des passages normalement rigoureux !